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2.2 - vestiges et mise en sécurité
Le code minier prévoit que le concessionnaire doit remettre les lieux en état après la fin de l'exploitation. Les concessionnaires étant le plus souvent introuvables, c'est l'Etat, en l'occurrence la DRIRE (ancien Services des Mines) qui s'en charge. Cette mise en sécurité consiste, le plus souvent, à dynamiter les entrées, à récupérer la ferraille et à niveler les lieux au bulldozer.
Les anciennes mines font partie du Patrimoine. A ce titre, elles ne peuvent être détruites sans l'aval du Ministère de la Culture. C'est pourquoi, toutes les destructions ont été précédées d'une concertation entre les parties concernées : Sous-Préfecture, DRAC, DRIRE, communes et Société Géologique et Minière du Briançonnais, l'objectif étant de définir ce qu'il fallait préserver et ce qu'il était possible de détruire.
C'est par ce biais que nous avons réussi à préserver
2 galeries particulièrement typiques et complémentaires de la concession de Roche Pessa,
la mine des Eduits.
Malgré cela, nous avons dû user des moyens que nous offre la démocratie (une pétition publique) pour nous faire entendre.
A l'exception de la mine des Eduits dont la réhabilitation est envisagée par la commune de St Chaffrey, et de la mine du Chardonnet qui intéresse la commune du Monêtier les Bains,
il ne reste RIEN des autres mines, du moins pour un œil non averti. Mais en 15 ans, l'association a réunion une
photothèque considérable sur ce patrimoine.
Pour plus de détails, le lecteur nostalgique pourra se reporter aux publications suivantes de l'association :
"les mines du
soleil"
Il s'agit d'une plaquette couleur d'une quarantaine de pages comportant de nombreuses photos et schémas associés à un texte d'accompagnement en 3 langues (français, anglais et italien). Elle présente l'ensemble du patrimoine minier de la région : mines paysannes, mines "industrielles", mines d'altitude, mines métalliques.... (7,5 euros)
la mine des Eduits
…monographie sur la mine de charbon qui se trouve à proximité du champ de neige de Serre Chevalier (3 euros).
3 - LES MINES D'ALTITUDE
Les mines industrielles d'altitude se distinguent des autres mines par le fait que les mineurs étaient contraints d'y séjourner en semaine.
On en connaît 2 :
la mine de la Benoîte,
la mine de graphite du col du Chardonnet.
3.1- la mine de la Benoîte
Située à 2400 m d'altitude, au-dessus du Monêtier, elle était la propriété des mines de Carvin, dans le Nord. Les conditions de vie semblent y avoir été meilleures que dans les autres mines du Briançonnais
(photo mine de la
Benoîte) Les mineurs disposaient d'une cantine. Nous avons retrouvé la cantinière de la mine de la Benoîte qui a témoigné dans les colonnes de notre journal
"mines de rien".
3.3- la mine du Chardonnet, joyau des mines du Briançonnais (photo mine du
Chardonnet)
C'était la seule mine de graphite réellement exploitée en France. Située à 2800 m d'altitude dans une zone très exposée aux intempéries, elle a connu des conditions d'exploitation assez extraordinaires.
En 1989 et 1990, l'association a consenti des efforts humains et matériels considérables pour en connaître le fonctionnement et l'histoire. En particulier, elle y a installé 2 camps d'été
(photo camp 1989) rendus difficiles par les charges qu'il fallait y monter.
a - le graphite
Il forme les mines de crayon, les charbons des dynamos mais il surtout utilisé en fonderie. Il provient de la transformation du charbon sous l'effet de pressions et de températures élevées (cf. rubrique "géologie des terrains houillers")
b - histoire rapide de la mine
Sans accès routier et sans autre moyen de transport que la "ramasse", l'exploitation a vivoté jusqu'au début du XX° siècle, marqué par la création d'une Société du Graphite Français puis par la Société Nouvelle du Graphite Français. A cette époque, si l'accès reste toujours pédestre, en revanche :
- le minerai est transporté jusqu'à la route nationale par des câbles,
- l'électricité est amenée jusqu'au carreau de la mine,
- les baraquements sont reconstruits.
L'apogée de l'exploitation survient avec la guerre de 1914-1918, car la fabrication des obus exige du graphite pour "beurrer" les creusets de fonderie. Or, l'Allemagne est notre principal fournisseur et les cargos venant de Madagascar sont torpillés.
Dès la fin de la guerre, l'exploitation agonise. Elle est liquidée en 1937.
c - des vestiges visibles à Briançon
Le graphite provenant du Chardonnet était traité dans une usine de Briançon : la Plombagine (nom ancien donné au graphite). Les fondations de cette grande usine sont encore visibles dans la zone industrielle de Briançon, derrière le Centre d'Oxygénation, à l'emplacement de l'actuel stand de tir
(photo stand de tir). L'usine utilisait la force hydraulique du torrent de la Cerveyrette. On voit encore le canal d'amenée
(photo canal
d'amenée).
Le lecteur intéressé pourra se reporter à la publication de l'association
"la mine de graphite du col du Chardonnet"
publication en quadrichromie, 80 pages, 14,5 euros.

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