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Avant d'être un haut lieu du tourisme, le Briançonnais a connu une intense activité minière avec plusieurs centaines de mines paysannes, des mines d'altitude (et notamment la mine de graphite du Chardonnet), des mines "industrielles" et des mines métalliques.
En raison des difficultés d'exploitation, l'Etat n'a pas nationalisé le charbon Briançonnais. De ce fait, les méthodes d'exploitation sont restées identiques à celles du XIX° siècle. C'est pourquoi l'on trouve en Briançonnais des objets et des outils qui ont complètement disparu des autres bassins miniers, ce qui fait aujourd'hui la richesse de ces sites.
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Jusqu'en 1988, ce patrimoine exceptionnel était ignoré des auteurs et des chercheurs. C'est un travail réalisé en milieu scolaire et repris par l'association qui a permis son exhumation et la mise en place de structures de mise en valeur : Syndical Intercommunal à Vocation unique (SIVU "Patrimoine") aujourd'hui dissous, Centre de Culture Scientifique et Technique (CCSTI) spécialisé dans le patrimoine minier...
A - LES ANCIENNES MINES DU BRIANCONNAIS
Nous classons les mines de charbons en 4 catégories :
les mines paysannes,
les mines industrielles,
les mines d'altitude,
les mines métalliques.
Cette classification est une commodité. Elle ne prend pas en compte le fait que certaines mines paysannes ou industrielles peuvent être, aussi, des mines d'altitude.
1 - LES MINES PAYSANNES DE CHARBON
Elles font l'originalité du Briançonnais tant par leur technique d'exploitation que par leur organisation sociale. Les plus nombreuses sont situées dans le village minier de Villard St Pancrace qui jouxte Briançon ainsi que le montre cette carte empruntée à D. MERCIER, géologue et ami de l'association.
(carte Mercier).
Extérieurement, elles se manifestent, le plus souvent, par un cadre en bois et un petit terril
(mine de Puy St
Pierre).
Les mines paysannes représentaient un complément de revenu aux activités agricoles. Pour des raisons de température moyenne, celles-ci se
tenaient entièrement dans un créneau allant du 15 mai au 15 août ("9 mois d'hiver, 3 mois d'enfer" disent les Briançonnais). Les mines étaient exploitées uniquement l'hiver.
C'est l'Etat qui a pesé pour que les Briançonnais abandonnent le combustible-bois pour le combustible-charbon. Les premières concessions sont apparues au début du XIX° siècle. Dans les années 1960, on en comptait 55.
Pendant la période hivernale, et avant le démarrage des exploitations minières, les Briançonnais louaient leur force de travail à l'extérieur du département : les peigneurs de chanvre, très réputés, émigraient en Rhône-Alpes.
Mineurs-paysans ou paysans-mineurs ?
Une récente publication citée plus loin, nous conduit à penser que les mineurs du Briançonnais étaient d'abord des paysans et ensuite des mineurs.
1.1 - inclinaison des veines et techniques d'exploitation
Rares étaient les veines horizontales. Dans ce cas, une galerie "maîtresse"(schéma
exploitation) débouchait sur des chambres d'exploitation (photo chambre
d'exploitation). Des morceaux de troncs (les "buttes") y empêchaient l'effondrement du toit.
En raison des mouvements alpins, les veines étaient, le plus souvent, redressées à la verticale
(photo veine
verticale). Dans ce cas, les morceaux de troncs servaient d'échafaudage
(schéma échafaudage).
1.2 - du grattage au travers bancs
Dans les zones les plus reculées, l'exploitation se faisait par simple "grattage", directement dans la veine. C'est le cas dans le site de Gadgeors
(photo Gadgeors). Dans les secteurs les mieux équipés, on creusait un travers-bancs qui permettait d'atteindre la couche en profondeur
(schéma
travers-bancs). Les avantages de ce dernier sont nombreux :
la couche est exploitée là où elle est la plus épaisse,
l'évacuation du charbon utilise au mieux la gravité,
l'évacuation de l'eau est facile.
En revanche, son percement exigeait une bonne connaissance de la géologie et représentait un investissement humain préalable.
1.3 - la ventilation
Faute de disposer de compresseurs, les mineurs-paysans utilisaient un système de convection naturelle de l'air, reliant la galerie d'exploitation à une galerie dite du "retour d'air" par des "montages"
(schéma montages).
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